Team’s, le chien qui tend la patte

Depuis 2019, le ministère de la Justice déploie un dispositif innovant visant à améliorer la prise en charge des victimes d’infractions pénales : la présence de chiens d’assistance judiciaire lors des auditions et audiences. Depuis 2024, l’Eure-et-Loir bénéficie d’un chien d’assistance judiciaire appelé Team’s, grâce à l’association France Victimes 28. Le Département accompagne cette association via une subvention permettant de subvenir aux frais du quotidien de Team’s. Rencontre avec ce compagnon au grand cœur.

« Spécialement formé, je suis là pour accompagner les victimes, en priorité des enfants victimes d’atteinte à la personne lors d’audiences qui se déroulent au Tribunal Judiciaire de Chartres. Je me rends également dans d’autres lieux, comme l’UAPED (Unité d’Accueil Pédiatrique pour Enfants en Danger), l’hôpital, ou encore le commissariat de police, pour accompagner les victimes lors d’un examen ou d’un rendez-vous. J’accompagne les victimes les plus vulnérables. Ma présence favorise leur apaisement, réduit leur anxiété et facilite leur parole. »

« Je rencontre toujours la victime 30 minutes avant un procès ou un examen afin que nous nous connaissions l’un l’autre, nous confie Team’s, aidé par Stéphanie Dubois, Directrice de l’Association France Victimes 28. Spécialement formé à l’accompagnement, je connais 50 commandes, comme « pose  » qui correspond au fait de poser ma tête sur les genoux de la personne que j’accompagne. Lors de l’examen à l’hôpital ou lors du procès, ma laisse est donnée à la victime. Je reste à proximité d’elle tout le long, assis ou allongé à ses pieds, même si le procès doit durer 5 heures. Je peux créer le contact physique à tout moment. Cela permet de rassurer, d’apaiser une victime. Lorsque je porte ma cape de travail, je sais que je suis en situation d’accompagnement et que je me dois d’être là pour elle. Je possède une grosse capacité d’adaptation. Je m’adapte à chaque situation, à chaque besoin. »



« Mes journées ne se ressemblent pas. Un jour je peux être au tribunal et le lendemain à l’UAPED. Ce sont les deux lieux où j’interviens le plus. Mes référents sont très vigilants quant à mon emploi du temps. L’accompagnement de victimes est très prenant, il me faut aussi des temps de repos. Chaque nouvelle journée d’accompagnement va débuter par une mise en relation, ensuite, je reste aux côtés de la victime jusqu’à la fin de son audience ou de son examen. Si l’audience dure plusieurs jours, je suis présent chaque jour. Lors des temps de suspension d’audience, je sors pour jouer et me détendre. »

« Depuis ma prise de fonction en décembre 2024, j’ai accompagné 45 victimes (autant de mineurs que de personnes majeures.) Toute victime peut solliciter d’elle-même mon accompagnement, soit en entrant en contact avec l’association FranceVictimes à l’adresse association@france-victimes28.fr, soit via l’UAPED, la gendarmerie… La famille peut également en faire la demande. Mais si je suis sollicité en même temps pour un enfant et pour un adulte, mes référents me demandent d’aller prioritairement accompagner l’enfant victime. »